Clockwerx, T1 : Génèse - Jean-Baptiste Hostache, Tony Salvaggio & Jason Henderson

Publié le par BlogBrother

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Titre : Clockwerx, T1 : Génèse
Scénaristes : Tony Salvaggio & Jason Henderson
Dessinateur : Jean-Baptiste Hostache
Parution : Novembre 2008

« Clockwerx » est une série scénarisée par Jason Henderson et Tony Salvaggio et dessinée par Jean-Baptiste Hostache. Elle est éditée par les Humanoïdes Associés. Ne connaissant ni les scénaristes, ni le dessinateur, j’ai un peu découvert cette série par hasard et sans a priori. La présence d’un gros robot façon steam-punk sur la couverture, associé à Big Ben, a suffi à éveiller ma curiosité de mâle en quête de virilité. Bien que ce ne soit pas annoncé au départ, « Colckwerx » sera composé de plusieurs cycles, apparemment dans différemment endroits. Nous avons donc affaire ici au premier tome du cycle de Londres (le bien-nommé "Génèse"), ce cycle étant un diptyque.

Pour information, c’est le baptême du feu pour Jason Henderson qui scénarise sa première bande-dessinée. Même chose pour Jean-Baptiste Hostache qui a ensuite travaillé sur la série « Neige Fondation ». 

Si « Clockwerx » se situe au niveau de la révolution industrielle (fin du XIXème siècle), la découverte d’un minerai incroyable, le lucifernium (sic), permet de construire des machines incroyables, notamment des robots nommés clocks. La Golden Shell, sous couvert de développer le progrès et d’améliorer l’existence des êtres humains, veut avant tout utiliser cette technologie pour contrôler le monde. Mais Molly Vane, jeune et jolie ingénieure de la firme, ne l’entend pas de cette oreille et va tout faire pour mettre en pièces le plan de son ancienne entreprise. Pendant ce temps-là, Matt Thurow enquête sur des disparitions sur les docks, disparitions que l’on devine liées à la Golden Shell. Matt et Molly vont alors s’allier pour détruire la firme. 

J’ai eu du mal à être emballé par le scénario de ce « Clockwerx ». Assez simpliste, il propose des personnages très caricaturaux. On retrouve le flic idéaliste qui a tout perdu dans sa lutte contre la corruption et la belle jeune femme idéaliste (aussi) prête à tout sacrifier pour le bien de l’humanité. Quant aux seconds rôles, j’avoue ne pas en garder un grand souvenir. Ces personnages manquent sincèrement de nuances et même le passé trouble de Matt nous paraît vite assez limpide. 

Il faut dire que le scénario ne s’embête pas avec les détails. Ainsi, les clocks, énormes machines à vapeur, se baladent sur les docks sans jamais être repérés. Or, il suffit d’imaginer le bruit que doivent faire ces choses quand elles se déplacent pour comprendre que c’est simplement impossible. Et quand elles se mettent à se battre les unes contre les autres, on nage en pleine science-fiction. Autre exemple : un personnage parvient pendant plusieurs semaines à voler un train et à le cacher ! Il s’en plaint d’ailleurs en le faisant remarquer : « Vous ne vous doutez pas à quel point il a été difficile de garder ce train caché durant des semaines ! » En effet… 

Il existe aussi un petit souci de narration. Ainsi, la scène du bateau, assez inutile dans l’histoire, dure huit longues planches et sert à présenter le personnage de Molly (volontaire, leader…). Elle y perdra d’ailleurs un bras. Cependant, il faut avouer qu’à la fin de ce tome, on aimerait bien lire la suite… Comme quoi le scénario possède aussi des qualités !

Côté dessin, c’est du beau travail. L’ensemble est homogène et participe beaucoup à l’ambiance de l’ouvrage. Les docks de nuit sont remarquablement rendus. Le trait est vraiment réussi, Jean-Baptiste Hostache est clairement un dessinateur à suivre. Le soin qu’il porte notamment aux décors londoniens est tout à son honneur. Je suis moins fan des couleurs qui donnent un effet un peu plastique à l’ensemble. Les planches paraissent ainsi parfois un peu froides. C’est léger mais le style de colorisation ne me plait qu’à moitié. 

Dernière chose qui m’a profondément dérangé : je trouve que les textes sont écrits trop petits. C’est rare que je me fasse la réflexion, mais je pense que la police d’écriture mériterait d’être agrandie. Les planches possédant souvent des cases assez larges et hautes, je ne pense pas que ce soit vraiment un souci. Surtout qu’il n’y a pas tant de textes que ça, la BD n’est pas trop bavarde. 

Au final, j’ai eu un sentiment mitigé sur ce premier tome. La narration n’est pas forcément très bien maîtrisée, mais le suspense est là. L’aspect graphique, un peu froid, est quand bien même attirant et l’univers, steam-punk, me parle. Comme les auteurs sont sur leur premier projet, mieux vaut leur laisser le bénéfice du doute et attendre le deuxième tome pour se faire une opinion !

par Belzaran

Note : 11/20

Publié dans Steam-Punk

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