Mamé - Loïc Dauvillier & Déborah Pinto

Publié le par BlogBrother

mame.jpgTitre : Mamé
Scénariste : Loïc Dauvillier
Dessinateur : Déborah Pinto
Parution : Avril 2008

« Mamé » est une bande-dessinée parue aux éditions 6 Pieds Sous Terre narrant l’échappée d’une vieille dame de sa maison de retraite. Le tout est scénarisé par Loïc Dauvillier et dessiné par Deborah Pinto. Je ne connaissais aucun de ces auteurs avec la lecture de cet ouvrage. Il est à noter que cette BD fait partie de la collection Lépidoptère, destinée à des artistes souhaitant expérimenter.

Mamé (alias Madame Coehn) est une grande mère en fin de vie. Enfermée dans une maison de retraite, en fauteuil roulant, seule, elle aspire à plus de liberté. Prenant son courage à deux mains, elle décide alors de s’enfuir de ce mouroir dans un dernier baroud d’honneur. Elle rejoint l’école de son petit-fils et l'enlève afin de passer quelques moments avec lui.

Malgré un pitch pouvant prêter à sourire, cette situation est traitée avec beaucoup de tendresse. A aucun moment on ne trouve Mamé ridicule. Au contraire. En quelques cases, les auteurs posent le décor, montrant combien la vie en maison de retraite peut être déprimante. Et rapidement on comprend que son petit-fils est la seule raison de vivre de Madame Cohen (qu'on devine abandonnée par ses enfants).

Cependant, la courte durée de l’histoire (une quinzaine de pages) enlève la possibilité à cette fugue de prendre un peu plus d’ampleur. De plus, le peu de dialogues (Mamé ne parle quasiment jamais, tout comme son petit fils) rend la lecture trop rapide. A peine commencé, l’ouvrage est déjà terminé. Si bien qu’on reste un peu sur sa faim. 

Déborah Pinto, spécialisée dans le dessin de livres pour enfants, adopte un trait plus relâché dans cet ouvrage, moins en rondeur et plus nerveux. Le dessin apporte une certaine sensibilité au propos, mais je n’ai pas été conquis plus que ça. Je trouve qu’il y a beaucoup de répétitions dans certaines expressions (les personnages et visages sont très souvent vus de face). C’est assez gênant pour un ouvrage qui n’est pas loin d’être muet.

Le tout est colorisé en niveau de gris, apparemment au lavis. Cela donne un peu plus de relief et d'ampleur au dessin et renforce le côté assez relâché de l'ensemble.

Au final, « Mamé » est une œuvre pleine de sensibilité et de tendresse. Cependant, le dessin pêche quelque peu et l’aspect très peu bavard de l’ensemble rend la lecture finalement très rapide. Avec le risque de le lire et de l’oublier aussi vite. Cet ouvrage est donc avant tout à prendre comme une expérimentation des auteurs.

Loïc Dauvillier propose la lecture des premières pages de « Mamé ». Profitez-en !
http://loic.dauvillier.pagesperso-orange.fr/2008_mame/iconographie/mame.pdf

Par Belzaran

Note : 11/20

Publié dans Chronique sociale

Commenter cet article