Nocturnes Rouges, T1 : Sang noir - Emmanuel Nhieu

Publié le par BlogBrother

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Titre : Nocturnes Rouges, T1 : Sang Noir
Scénariste : Emmanuel Nhieu
Dessinateur : Emmanuel Nhieu
Parution : Janvier 2001


« Sang noir » est le premier tome d’une série qui en compte aujourd’hui sept. Elle s’intitule « Nocturnes rouges ». Editée chez Soleil, son apparition dans les bacs date d’un petit peu plus de dix ans. Elle est l’œuvre de Nhieu qui se charge du scénario et des dessins. Les couleurs sont confiées à Lyse. Je m’étais offert cet ouvrage à sa sortie pour une raison toute simple. J’étais dans ma période de lecture des séries de fantasy. Du fait de mon âge, les parutions chez « Soleil » m’attiraient particulièrement. « Nocturnes rouges » se trouvait donc dans cette mouvance-là et son immersion dans l’univers des vampires lui apportait une touche d’originalité qui ne ferait pas de mal à ma bibliothèque. La couverture m’avait attirée. On découvrait un homme mature et charismatique, semblant protéger une petite fille apeurée. Le premier plan est occupé par un sabre impressionnant planté dans le sol. La Terre occupe l’arrière-plan et la nuit. 

La quatrième de couverture nous présente le texte suivant : « Depuis la nuit des temps, les vampires sévissent sur le monde d’Ethyl. Depuis la nuit des temps, une poignée d’êtres humains se dresse face à ce fléau. La petite May n’a pas choisi sa destinée. Comme le veut la tradition, elle sera une chasseuse de vampires. Ici commence son voyage initiatique. »

Le fil conducteur utilise des cordes assez classiques. L’héroïne est un enfant amené à avoir une destinée extraordinaire. La différence par rapport à beaucoup d’histoires est que l’élue n’affronte pas son avenir en aveugle. May sait qu’elle est amenée à être chasseuse de vampire. Elle est actrice de sa formation et de son initiation. Contrairement à Lanfeust ou d’autres, elle connait son rôle et les tenants et aboutissants de ses tâches. Néanmoins, elle garde une dimension naïve qui est intéressante. On est touché par cette petite gamine attachante qui d’un côté veut tuer du suceur de sang et de l’autre s’endort debout quand elle veille trop tard. Nhieu arrive à faire naitre un personnage principal attachant et dont les aventures nous captivent. C’est un bon point de départ lors de la naissance d’une nouvelle saga. 

Mais l’histoire ne fait vivre un seul protagoniste. Ce premier tome nous fait découvrir des personnages qui, on peut le supposer, sont amenée à accompagner la petite May. Le principal a une carrure impressionnante. Sa grosse moustache associée à sa longue queue de cheval donne l’impression d’avoir à faire à un valeureux guerrier qui a bourlingué. On le découvre sous le nom d’oncle Granite de la bouche de May. Cela lui offre une deuxième facette plus doute et protectrice. Il est incontestablement la star de ce premier opus. Il peut détruire tout ce qui s’oppose à lui sur mer et sur terre. De l’autre côté, il est un père de substitution très attentionné. On rencontre également Marco, disciple de la guilde magique du grand Aghiis. Il est l’opposé de Granite. Fluet, plutôt peureux, il est un magicien plus cérébral que physique. Il possède un potentiel sympathie assez important. Enfin, l’atout charme apparait bien plus tard et prend les traits de Dolores. Ravissante femme aux courbes agréables, cette rousse explosive manie l’épée avec facilité et aisance. Bref, ce quatuor apparait comme un potentiel quatuor qu’on serait amené à suivre d’un tome à l’autre…

Au-delà de cette galerie de personnages, « Sang noir » nous offre une trame amenée à introduire une intrigue possédant plus d’ampleur. Le père de May voit son sang noircir. La conséquence est qu’il est amené à devenir vampire. Il envoie donc sa fille retrouver son ami Granite. Ce dernier part en quête du vampire coupable d’avoir empoisonné son acolyte. Le tuer est la seule manière de sauver son compère. Voilà sur quelle base se construit ce premier tome. La narration est simple et laisse le temps au lecteur de profiter des paysages et des personnages. Malgré tout, cela ne nous empêche pas d’être pris par le suspense de la course contre la montre. Le temps est compté pour sauver Ethan, le père de May. L’issue apparait aléatoire et rend notre lecture attrayante. 

Du côté des dessins, le trait est classique. Il correspond parfaitement à ce type d’histoires. Les personnages sont hauts en couleurs. Les expressions de leurs visages empruntent partiellement l’excès de certains mangas. Mais Nhieu garde malgré tous les codes du franco-belges avec des décors travaillés, des protagonistes à la personnalité affirmée. L’univers de « Nocturnes rouges » ne possède pas d’originalité caractérisée. Néanmoins, l’auteur utilise avec talent et doigté le monde de la fantasy et nous immerge dans un monde qu’on accueille avec joie et plaisir. Les couleurs accompagnent parfaitement notre lecture. Les scènes de nuit, majoritaires dans cet album, sont d’ailleurs bien transcrites. 

En conclusion, « Sang noir » est une introduction agréable à « Nocturnes rouges ». J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir May, Granite et leurs acolytes. Cette histoire de chasseur de vampires est également attrayante car j’ai peu eu l’occasion de lire des albums se plongeant dans cet univers. C’est donc avec une curiosité certaine que je vais me plonger dans le deuxième opus intitulé « Zéphyr ». Mais cela est une autre histoire…

par Eric the Tiger

Note : 12/20

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Yaneck Chareyre 26/08/2012 19:29


Je ne suis pas d'accord avec toi sur un point, Eric. Nhieu n'est pas du tout dans le franco-belge, il est au contraire à mort dans le comic book, et en l'occurence, dans le style de Joe Madureira
sur Battle Chaser, une oeuvre qui était sortie peu avant. Dolores est d'ailleurs une belle copie de Red Monika.


J'avais rencontré Nhieu en 2001, qui avait reconnu l'énorme influence de cet auteur sur son trait lorsque je lui en avait parlé. Les albums passant, il a su se détacher un peu de son "maître", et
a cheminé sur sa propre voie.

BlogBrother 27/08/2012 10:12



Je ne doute pas de son influence. Néanmoins, je pense qu'un adepte de franco-belge ne trouvera pas révolutionnaire ou étranger ce dessin. Je t'avoue que je ne suis pas un grand spécialiste de
l'univers du comics et te fais donc confiance quant à la réalité de la chose. Merci pour l'information. Au plaisir de te relire...