Omni-visibilis - Lewis Trondheim & Matthieu Bonhomme

Publié le par BlogBrother

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Titre : Omni-visibilis
Scénariste : Lewis Tronheim
Dessinateur : Matthieu Bonhomme
Parution : Août 2010


« Omni-visibilis » est un ouvrage à côté duquel j’étais passé lors de sa sortie à la fin de l’année deux mille dix. Pourtant, le nom de son scénariste aurait dû attirer mon regard. En effet, Lewis Trondheim est mon auteur de bandes dessinées préférées et l’histoire de cet opus nait de son imagination. Par contre, il ne se charge pas des dessins. Ces derniers sont confiés à Mathieu Bonhomme dont je découvre ainsi le travail. Ce bouquin est édité chez Dupuis. Son format s’approche davantage de celui d’un beau roman que d’un album classique. Son nombre de page avoisine les cent cinquante. Quant à son prix, il est d’environ vingt euros. La couverture, dans des tons bleus et blancs, nous présente un homme en train de se regarder dans le miroir de sa salle de bain. La surprise réside dans le fait que son reflet est accompagné de dizaines d’autres personnes qui ne peuvent tenir dans la pièce. Voilà qui est curieux et qui attise la curiosité…

La quatrième de couverture offre un texte court mais qui chatouille notre intérêt : « Tout le monde voit ce que je vois. Tout le monde entend ce que j’entends. Tout le monde sent ce que je sens. Sale journée… » De plus les auteurs présentent leur production comme étant « une comédie burlesque ». On n’en sait donc relativement peu. Il apparait donc urgent d’entamer la lecture pour en savoir davantage sur l’intrigue qui concernera « l’homme de la salle de bain »…

Bien que les dessins ne soient pas le fruit de son travail, il est évident que la patte Trondheim envahit rapidement la lecture. Il a produit énormément de « one shot » basé sur une idée originale qui génère une fuite effrénée sur des dizaines de pages. Cela lui permet de pousser dans ses retranchements son idée absurde de départ comme on le ferait dans une soirée entre amis en débattant de quelque chose d’aberrant. Qui ne sait jamais posé la question : Que ferais-tu si tu pouvais voir à travers les objets ou si tu pouvais te téléporter ? En en discutant, on cherchait les attraits d’un tel pouvoir, on découvrait les inconvénients et éventuellement les incohérences d’un tel processus. « Omni-visibilis » rentre un petit peu dans cette catégorie. L’idée de départ est la suivante. Un homme se réveille un matin. Il se rend compte que le monde entier voit ce qu’il voit « en direct ». De la manière, tout le monde entend ce qu’il entend et sent ce qu’il sent. Concrètement, tout le monde sent votre café quand vous le buvez au petit déjeuner. Tout le monde voit vos mains quand vous vous les lavez. Je vous laisse adapter le principe lorsque vous allez aux toilettes qui cumulent tous les plaisirs. C’est le quotidien de cet homme qu’on va partager pendant toute notre lecture. 

On est rapidement plongé dans le vif du sujet. Très rapidement, on rencontre Hervé, jeune homme banal qu’on pourrait reconnaitre par sa moustache. Il bosse dans une boîte comme tant d’autres. Sa seule particularité semble être qu’il est un maniaque de l’hygiène. Mais dès la quatorzième page, il se réveille avec son « pouvoir ». Les auteurs ne perdent pas de temps et décident d’exploiter pleinement leur idée. La difficulté réside dans le fait d’exploiter ce concept durant plus de cent pages. Trondheim arrive plutôt bien à gérer la montée en puissance. On démarre sur le côté gadget de la chose. Puis la machine s’emballe. Le côté catastrophique de cette « malédiction » prend de l’ampleur. Le côté « bête de foire » nait. De plus, le fait de pouvoir être vu par le monde entier en passant devant le regard de Hervé fait apparaitre des intérêts personnels à tout un chacun. Hervé qui ne peut compter que sur deux amis commence une véritable fuite en avant qui ne semble posséder aucune issue. On a l’impression d’être plongé dans ses rêves dans lequel on court vers un but qu’on sait ne jamais atteindre. Notre lecture est véritablement habitée par ce sentiment et l’atmosphère des pages est envoutant et ne cesse de gagner en intensité. 

« Omni-visibilis » m’a permis de découvrir un nouveau dessinateur. Je ne suis pas déçu de la rencontre. Je trouve que le style de Mathieu Bonhomme accompagne parfaitement l’histoire. Il arrive à transcrire parfaitement la course-poursuite effrénée que subissent Hervé et ses amis. Il arrive plutôt bien à transcrire le mouvement inhérent à ce type de trame. Sur le plan chromatique, toutes les planches sont uniquement dessinées sur les tons bleu, noir et blanc. Cela offre une identité graphique propre à l’album. A défaut d’offrir de vrais œuvres d’art, Mathieu Bonhomme nous offre une lecture agréable et participe activement au plaisir qu’on ressent en suivant les pérégrinations de Hervé. 

En conclusion, « Omni-visibilis » est un ouvrage agréable qui se laisse lire avec plaisir. L’idée de départ est plutôt bien exploitée et notre attrait pour la trame ne cesse jamais du début à la fin. Une nouvelle fois, Trondheim confirme qu’il possède une réelle qualité scénaristique. A défaut d’être mémorable ou de marquer notre esprit, cet album offre une lecture originale. Ce n’est déjà pas si mal… 

par Eric the Tiger

note : 13/20

Publié dans Roman Graphique

Commenter cet article

Yaneck Chareyre 14/10/2012 08:30


C'est marrant, je trouve que ta note ne correspond pas du tout à ton écrit. Ta note est très moyenne, là où ton texte ne mets pas vraiment de défauts en lumière.


Moi je suis très client de cet album, très drôle, et qui tient vraiment sur la durée.

BlogBrother 14/10/2012 11:33



Ce bouquin offre un moment très agréable de lecture. Néanmoins, je ne le juge pas suffisamment marquant pour avoir une meilleure note. 13 correspond à assez bien. Néanmoins, le plaisir
sympathique généré par le livre fait que j'ai davantage accentué ma critique sur les aspects positifs plutôt que négatifs. Merci pour ton commentaire...



robin 03/10/2012 17:26


Lewis Trondheim que j'aime juste pour ses talents de scénariste !!!

BlogBrother 05/10/2012 17:52


J'aime également beaucoup ses dessins. Je suis un fan de "Lapinot"...